LA VILLE

L'histoire de Savigny sur Orge

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L'histoire des Savigny de France
et de Suisse

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Histoire de l'amicale des Savigny

Les Personnages illustres
qui ont vécu à Savigny

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Personnages illustres

 

DU SAVIGNY D'HIER

Des origines à nos jours...

LES SIÈCLES OBSCURS DES ORIGINES

Savigny aujourd'hui ville de 33000 habitants (1984), entièrement urbanisée, sans un seul coin de campagne, fut jusque vers 1920 une humble bourgade, frileusement blottie au bord de l'Orge, à l'abri de son château et de son clocher, et perdue au milieu des champs et des bois du Hurepoix. Ses habitants, durs travailleurs terriens, y ont vécu pendant des siècles dans l'anonymat le plus total, sous la protection plus ou moins bénéfique du seigneur local ou du moustier (monastère) voisin. De leurs joies et de leurs peines, nous ne savons à peu près rien, car l'histoire officielle ne s'y intéressait pas. Seules, nous sont relativement connues la vie religieuse et la vie


la première mairie

la seconde mairie

seigneuriale, car les clercs, seuls lettrés, nous ont laissé des documents écrits sur leurs monastères et sur leurs relations avec les seigneurs du voisinage. De ce fait, jusqu'à l'époque de Louis XIV, et même jusqu'à la Révolution, il y a bien des lacunes dans notre documentation, et nous restons sur notre faim.

L'histoire de notre cité se perd ainsi dans la nuit des temps. Depuis ses origines jusqu'au Haut Moyen-age, c'est-à-dire jusqu'au Xe siècle, nous n'avons aucun document écrit, où le nom même de Savigny soit cité.
Et pourtant il n'est pas douteux que la région parisienne, pendant les longs siècles de l'occupation romaine, dut être relativement peuplée et connut une certaine prospérité. La ville de Lutèce, toute proche, est urbanisée à la Romaine. Sortant de son île de la Cité, elle étend avec ostentation, sur la montagne Ste Geneviève, au milieu d'un tissu de rues tirées au cordeau, ses monuments majestueux: temples aux colonnes imposantes, forum, thermes, arènes ou théâtre.

De solides voies carrossables, au dallage indestructible partent dans toutes les directions, facilitant les échanges commerciaux. L'une d'elles devait traverser le site de Savigny, car des dalles se voyaient avant 1914 du côté de la rue d'Enfer et de la rue Vieille (aujourd'hui rue Charles Rossignol), tandis qu'au-delà du Bd Aristide Briand, dans le prolongement de la rue de la Liberté, existait, près d'un petit bois le " Chemin des Romains "...

La Paroisse Saint Martin 

L'ÉGLISE DE SAVIGNY

Quelle que soit la date où le titre de St Martin lui fut attribué, un lieu de culte existait sûrement près du château, au moins depuis le XIe siècle.

La première chapelle, à une époque où l'architecture était encore sobre et peu évoluée, a dû être simple et sans prétention ; probablement un bâtiment à nef unique avec voûte en bois. Mais les moines de Longpont étaient des Clunisiens. Or, qui dit Cluny dit liturgie somptueuse dans des églises à la riche architecture. Quand ces religieux faisaient l'acquisition d'un nouveau lieu de culte, leur premier souci était de mettre bas l'édifice ancien pour en édifier un nouveau de plus amples proportions.

C'est ce qu'ils firent sûrement au XIIe siècle à St Martin, lorsqu'ils devinrent "propriétaires" de la Seigneurie de Savigny, car, au cours des travaux de rénovation de l'été 1987, on a découvert et remis en état un magnifique arc roman en plein cintre et en pierres de taille qui sépare le chœur de la nef. Un autre arc roman, plus petit, se trouve entre le bas côté droit et la chapelle St Joseph : il n'a pas été possible de le dégager car la rangée gothique des trois piliers l'a partiellement obturé. L'église comprenait : un chœur roman, une chapelle côté Est (côté château), une côté Ouest, en partie sous le clocher dont la base existait déjà, une nef sans transept, un seul bas côté (comme à l'église voisine d'Épinay).

Les trois piliers du bas côté droit sont probablement postérieurs et paraissent dater du XIIIe siècle.

L édifice a sans aucun doute beaucoup souffert pendant la guerre de Cent Ans, victime des pillages, de l'abandon, peut-être même de l'incendie. Le compte-rendu des visites de l'archidiacre de Josas signale, pour 1454, qu'il faudrait à grands frais racheter les ornements disparus, fondre de nouvelles cloches, poser de nouveaux vitraux réparer voûtes et carrelages, peut-être reprendre l'ensemble de la construction du bâtiment.

Le délégué de l'archidiacre, dans sa visite de 1460, signale, d'autre part, que le mur du portail de l'église a été endommagé par la sonnerie des cloches. Celles-ci devront être modifiées. La voûte au-dessus de l'autel et les colonnes qui la supportent devront être refaites.

A la fin du XVe siècle, il était urgent de faire d'importants travaux pour rendre, à défaut de sa splendeur primitive, un minimum de dignité pour le culte dans cette église.

En quoi ont consisté ces travaux ? Il est difficile de le dire, mais on peut supposer qu'obéissant aux recommandations de l'archidiacre, les voûtes du chœur, de la nef et du bas-côté furent refaites, tandis que les beaux arcs romans étaient dissimulés sous des ogives gothiques; la grande fenêtre trilobée fut percée au fond du chœur. Les constructions furent suffisamment importantes pour qu'on jugeât bon de les couronner par une nouvelle consécration.

Nous ne possédons plus, hélas, le document contemporain qui authentifie cette cérémonie, mais, du moins, nous avons un témoignage relativement ancien qui parait digne de foi. Dans le Registre communal des Délibérations, en Avril 1835, on lit ceci: "M. Bourdeau, actuellement maire, se rappelle avoir eu sous les yeux, il y a 22 ans, alors qu'il était clerc à l'Étude de Me Gaillard, notaire à Savigny l'extrait d'un titre passé en l'an 1500, signé de Lalande, clerc tabellion, juré de la prévôté de Viry et de Savigny, contenant l'inventaire des biens et revenus de l'église St Martin, et de la communauté des habitants, Après cet inventaire, le document ajoutait:

"Laquelle église, le dit Chevalier (de Vesc) a fait dédier par mon Révérend Père en Dieu, Jean de Vesc, son neveu , alors évêque de Vence, et à présent évêque d'Agde, le 1er Dimanche d'Août (4 Août) de l'an de grâce 1493". Effectivement, le dictionnaire de la Noblesse de la Chesnaie-Desbois mentionne "Jean de Vesc" fondateur de la Congrégation des Prêtres de la Ste Trinité de l'église paroissiale de Genesac, qui fut évêque de Vence en 1491, puis d'Agde en 1498."

C'est donc à bon droit que les paroissiens de Savigny pourront, en 1993, fêter avec éclat le 5ème Centenaire de la restauration de leur église.

L'église actuelle est assez différente de celle qui fut consacrée au XVe siècle: en 1587 des réparations avaient été effectuées pour installer quatre cloches. Au XVIIe siècle, plusieurs autels ont disparu. Le 13 Mai 1736, le curé Gaultier bénit "le nouveau cimetière situé à côté du Clos de la veuve Beaulieu (rue du Mail), la plus grande partie de l'ancien (situé autour de l'église) étant prise par le nouveau bas côté qui se construit actuellement à l'église de ce lieu" ; il était en effet nécessaire d'agrandir l'église car la population avait augmenté. Le bas côté gauche, avec ses piliers carrés et ses arcs en anse de panier est bien du XVIIIe siècle. A la même époque, sont construites la voûte actuelle de la nef ainsi que la voûte ogivale du bas côté droit et la flèche du clocher. Le bas côté gauche, dont le style XVIIIe siècle choquait, reçut une voûte gothique seulement entre 1860 et 1870 (le frère Mézard, né en 1852, a vu cette transformation).

Toujours pour gagner de la place, l'église fut allongée côté rue. Un orgue a été installé dans une tribune en 1850, et deux nouvelles cloches bénites en 1892. Dégageant l'actuelle chapelle St Joseph, une sacristie extérieure, côté Ouest, fut construite à la fin du XIXe siècle. Ces dernières années, de gros travaux d'entretien furent exécutés par la commune : réfection de toutes les toitures, consolidation de la charpente, ravalement du clocher etc.. ; enfin en 1987 une rénovation intérieure avec découverte d'arcs romans qui permettent de dater la première église "en dur" du XIIe siècle.

  

AU SAVIGNY D'AUJOURD'HUI

Savigny d'aujourd'hui

De la fin de la guerre à ce jour (1984). Savigny a connu de nouveaux développements, et il y aurait un long chapitre à écrire sur ce qui a été fait depuis quarante ans : pour une population qui a plus que doublé (32500 habitants au dernier recensement), de nombreux immeubles ont été édifiés, un lycée, des collèges d'enseignement  


Hôtel de ville

sur la place Davout
secondaire (C.E.S.), de nouvelles écoles primaires se sont mises en place, un stade et des salles de sport couvertes ont été mises à la disposition des jeunes, de nombreuses associations sportives et culturelles ont fait leur apparition. Mais l'historien a besoin de recul pour faire une étude objective des faits et porter un jugement serein. Il appartiendra à d'autres de décrire la période que nous vivons.
Il y a de toute évidence deux périodes très inégales dans l'histoire de notre commune. Pendant de longs siècles, les habitants de Savigny, frileusement groupés autour de son château et de son clocher, ont vécu au rythme lent du travail de la terre, constituant une communauté villageoise où tous se connaissaient, partageant joies et peines et se succédant de père en fils dans le métier qui avait été celui des ancêtres.
Puis brusquement au XXe siècle, un autre Savigny est apparu. Par vagues successives de nouveaux habitants sont arrivés, refluant d'abord de la capitale qui ne peut les absorber, puis cherchant, grâce

Le marché et les écoles Jules Ferry,
église Ste Thérèse

Auditorium du Conservatoire
à un pavillon installé dans un cadre relativement champêtre, un cadre de vie plus humain que celui des grands immeubles des nouvelles cités.
Monde cosmopolite où se brassent des populations très disparates, soit par le niveau social (ingénieurs, cadres, fonctionnaires et ouvriers) soit même par la nationalité (française de vieille souche), mais aussi populations venues de l'étranger (Portugais, Maghrébins, Vietnamiens).

En contrepartie, la population autochtone, noyée dans la masse, s'estompe et disparait peu à peu, les vignerons les premiers, le vin de Savigny étant manifestement un crû indigne de paraître sur une bonne table ; les cultivateurs ont dû partir à leur tour, leurs terres ayant été vendues pour construire des maisons et avec eux tout l'artisanat qui leur était lié (forgerons, grainetiers, charrons, meuniers). En 1970, M. Laurenceau avait pu encore interviewer quelques survivants. Aujourd'hui il est trop tard.

Tel qu'il est maintenant. Savigny apparaît comme une cité dortoir type, couverte surtout de pavillons individuels avec quelques ensembles immobiliers dont le principal se situe à Grand Vaux, au-delà de l'autoroute. Les rues du vieux village sont littéralement noyées dans la masse, terriblement isolées derrière la ligne de chemin de fer et la gare, à l'écart des grands axes de communication.

Que faire pour sauver quelques bribes du passé? Beaucoup de souvenirs ont disparu.


La place DAVOUT, son nouveau marché
la gare RER et le vieux Savigny

Maison de quartier de Grand Vaux

Le domaine de Grand Vaux a été massacré par l'immeuble de Grandval et l'autoroute : Courterenche est devenu un centre commercial, l'Oasis n'est plus qu'un jouet d'enfant aux pied d'immeubles de onze étages, seul le château a gardé ses murs, mais c'est un corps sans âme, car rien n'a été sauvé de l'aménagement intérieur et le parc devrait être refait pour retrouver sa splendeur d'antan.

Les plus sérieuses possibilités sont surtout du coté de la rivière.

 Si a l'exemple des communes voisines, des études étaient faites pour remettre en état les bords de l'Orge, et de l'Yvette, il y aurait sans doute possibilité de créer une promenade fort agréable, Entre les belles réalisations du parc du Séminaire à Morsang et de la zone piétonnière à Juvisy, un chemin continu pourrait peut être permettre de profiter des frais ombrages du bord de l'eau. Certaines parties de Viry peuvent déjà être utilisées, les Prés St Martin ont une allée sablée le long de l'Orge. Le Syndicat d'Initiative, qui vient de renaître de ses cendres, aurait sans doute là l'occasion de faire un travail passionnant et particulièrement digne d'intérêt.

(Larges extraits du livre de Pierre Coindreau - Savigny sur Orge : de Sabinius à Savigny en vente à l'O.T. de Savigny sur Orge)

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